Les rencontres de l’hôtel de ville

Mesurer, classer, évaluer : les chiffres sont-ils nos amis ?
Samedi 15 octobre de 13h30 à 15h
Salle Aristide Briand (Hôtel de Ville de Saint-Etienne)

Dans le cadre de la Fête du Livre 2016, l’association de philosophie Aussitôt Dit, en partenariat avec le CCSTI La Rotonde, propose une discussion autour du thème : "Mesurer, classer, évaluer : les chiffres sont-ils nos amis ?"

Avec :
Michel BLAY , philosophe et historien des sciences, directeur de recherches émérite (CNRS), président du Comité pour l’histoire du CNRS
Dominique CARDON, sociologue, professeur associé à l’Université de Marne-la-Vallée
Antoine HOULOU-GARCIA, statisticien (INSEE), doctorant en Études politiques (EHESS)
Jacques LE CACHEUX, économiste, professeur à l’Université de Pau



Les chiffres prennent dans nos vies une place de plus en plus grande. La mesure du produit intérieur brut (PIB) est censée exprimer la santé sociale et économique du pays ; la réduction du pourcentage de déficit budgétaire polarise l’action des gouvernements ; la publication à un rythme accéléré des indicateurs de conjoncture (statistiques du chômage, taux de croissance, etc) scande le débat public ; les palmarès en tout genre se multiplient classant les universités ou les lycées ou encore la qualité de vie des villes ; les grilles d’évaluation se répandent dans tous les domaines, passent de la gestion des entreprises à celle des administrations, s’appliquent à la recherche scientifique comme aux pratiques hospitalières. Potentiellement universelle, cette expansion du rôle des chiffres a trouvé dans la révolution informatique un formidable instrument. Il a permis non seulement de rassembler à une vitesse vertigineuse une masse de données gigantesque et sans précédent, mais surtout de l’exploiter grâce au calcul algorithmique, venu se greffer sur la logique des indicateurs.

La force avec laquelle les chiffres s’imposent dans le débat public et dans la vie des sociétés tient d’abord à la vérité qu’ils sont censés déceler. Mais pour que cette vérité soit incontestable, encore faut-il comprendre comment les chiffres ont été obtenus, et savoir ce qu’ils mesurent précisément. Le PIB, par exemple, représente l’ensemble des activités marchandes monétisables, et seulement cela. Et il n’existe pas d’indicateur qui n’ait été construit en fonction de choix toujours susceptibles d’être discutés et remis en question. De plus on peut se demander si tout est mesurable, si toute réalité peut être représentée par un nombre, si la qualité est entièrement réductible à la quantité. Loin de produire un savoir universel, l’expansion sans limite du calculable n’aboutirait-elle pas au contraire à soustraire à la connaissance des pans entiers de la réalité ? In fine, les usages récents des nombres ne visent-ils pas, plutôt qu’à décrire des faits, à prescrire des conduites, à contrôler et sanctionner l’action des producteurs, à susciter et anticiper les désirs des consommateurs ?

Comme instrument de connaissance, la statistique constitue un indispensable moyen de gouvernement, tout autant qu’un outil pour la contestation et la revendication. En cela, l’usage des chiffres paraît être lié de façon consubstantielle à une démocratie fondée sur la pratique du débat. Mais l’extension démesurée à laquelle nous assistons semble ne plus s’inscrire dans ce cadre démocratique, voire le mettre en danger. De cette dérive, faut-il accuser l’instrument mathématique en tant que tel ? Ou bien le développement excessif de techniques dont l’homme aurait perdu le contrôle ? Ne doit-on pas plutôt y voir à l’œuvre l’instauration d’une « gouvernance par les nombres », où l’effacement des États permettrait la substitution du Marché à la Loi comme référence normative ? Enfin, selon les interprétations qu’on retiendra du phénomène, quels moyens peut-on imaginer pour s’opposer aux menaces dont il serait porteur ?



Le propre de l’Homme ; l’Homme, l’animal, la machine

Samedi 17 octobre de 14 h à 16 h à l’auditorium de l’Ecole d’Architecture (1, rue Buisson - St Etienne)

Des observations menées par les éthologues, les neurologues, les psychologues ou les cognitivistes ont montré que les chimpanzés étaient capables d’apprendre et de pratiquer le langage des signes, que certains primates pouvaient faire preuve d’empathie et avoir des comportements altruistes, que la conscience existait par exemple chez les poulpes, les dauphins, les éléphants ou les pies. Par ailleurs, des machines comme les ordinateurs reproduisent les opérations de l’esprit humain ; elles sont de plus en plus capables d’autonomie, et, selon certains, il n’est pas inimaginable qu’elles en viennent à acquérir, comme Hal, l’ordinateur de 2001 Odyssée de l’espace, une forme de conscience.

Les différences entre Homme et animal ne sont-elles qu’affaire de degré ?
Et entre les hommes et les machines, le problème est-il celui de la coexistence ou plutôt celui de l’effacement des frontières ? Avec des prothèses de plus en plus sophistiquées permettant de réparer les corps, mais aussi d’augmenter les capacités physiques et mentales des êtres humains, l’hybridation est en marche au point que certains évoquent déjà une mutation de l’espèce et l’avènement d’une transhumanité…

Quelle éthique nous mettra en harmonie avec une humanité élargie, capable d’inclure autant les animaux que les robots ou les cyborgs ?

Dans le cadre de la 30ème Fête du Livre de Saint-Etienne, l’association philo « Aussitôt Dit » (http://aussitotdit.net/category/201...) lance le débat lors d’une discussion animée par La Rotonde-Ecole des Mines
en présence de :

Jean-Michel BESNIER, philosophe, professeur à Paris IV-Sorbonne,
Georges CHAPOUTHIER, biologiste et philosophe, directeur de recherche émérite au CNRS,
Jean-Gabriel GANASCIA, informaticien et philosophe, professeur à l’université Pierre et Marie Curie Paris VI
Bernard VICTORRI, linguiste, ancien directeur de recherche au CNRS.


La Rotonde co-organise les "Rencontres de l’Hôtel de ville" avec l’association de philosophie Aussitôt dit et le centre de recherche Max Weber (CNRS, université Lyon 2, université Jean Monnet Saint-Étienne).

L’association de philosophie Aussitôt dit a organisé, depuis sa création en 1994, des ateliers de débats et de réflexion sur des thèmes très variés, et assure depuis 3 ans, avec l’appui de la Ville de Saint-Étienne, un cours public de philosophie qui recueille une large audience.
À partir de 2003, en partenariat avec la Villa Gillet et la Ville de Saint-Étienne, elle a également organisé des cycles de conférences, le plus souvent à propos de publications récentes. Dans ce cadre elle a reçu entre autres Patrick Tort, Elisabeth Roudinesco, Vincent Descombes, Elisabeth de Fontenay, Abdelwahab Meddeb ou Jean-Pierre Luminet.
http://aussitotdit.wordpress.com/

Le Centre Max Weber, anciennement le Modys, est un laboratoire de recherche en sciences sociales, commun aux universités de Lyon 2 et de Saint-Étienne, et au CNRS. Il regroupe, sur Saint-Étienne, des sociologues et anthropologues spécialisés dans l’observation et l’analyse des savoirs profanes, techniques et scientifiques, et dans la compréhension de l’urbanité contemporaine et des migrations.

Pour la programmation 2013 – 2014, nous accueillerons cette année les auteurs dans la salle Aristide Briand de l’Hôtel de Ville de Saint-Étienne, à 19 heures.



21 mai 2015
Sévérine Kodjo-Grandvaux et Jean-Godefroy Bidima
Autour du livre de Sévérine Kodjo-Grandvaux Philosophies africaines, aux Éditions Présence Africaine (2014).

"Voici un livre témoin. Ce dont il témoigne en premier lieu c’est de ce fait qu’aujourd’hui le « philosopher en Afrique » ou plutôt à partir de l’Afrique est un champ en expansion. On n’en jugera pas seulement par les publications qui le manifestent mais également par les types d’ouvrages dits de référence qui en dessinent les contours" (Souleymane Bachir Diagne - Columbia University, New York).

Docteur en philosophie, Séverine Kodjo-Grandvaux est rédactrice en chef adjointe des pages « Culture & médias » de l’hebdomadaire Jeune Afrique.
Jean-Godefroy Bidima est un philosophe d’origine camerounaise et vivant actuellement aux États-Unis. Jean-Godefroy Bidima, est ancien directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris, et est actuellement professeur titulaire de la chaire (Yvonne Arnoult) au département de français et d’italien de l’université Tulane (Nouvelle-Orléans). Philosophie negro-africaine, PUF, collection "Que sais-je ?" 1995, La palabre. Une juridiction de la parole, Éditions Michalon, 1997.



25 mars 2015
Colette Bec
À propos de son livre La sécurité sociale. Une institution de la démocratie, aux Éditions Gallimard (2014).

La question de la Sécurité sociale a des allures de marronnier et donne lieu à des prises de position tranchées, chacun accusant les autres de vouloir la « tuer » et appelant à la « sauver ». Il en va ainsi depuis des décennies, en fait depuis que le fameux « trou », que les experts sondent sans relâche, est devenu à lui seul un objet de controverse. Aux antipodes de ces polémiques, l’ouvrage de Colette Bec entend revenir à l’intention de ses pères fondateurs, en 1945, et saisir les principes à l’œuvre dans son évolution, ses réformes, ses problèmes actuels.

Colette Bec est professeure de sociologie à l’université Paris-Descartes où elle enseigne la sociologie des politiques sociales et membre du LISE (laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique du CNRS) depuis sa création. Elle travaille, depuis de nombreuses années sur les questions de solidarité, responsabilité et droits de l’Homme.



21 janvier 2015
Catherine Kintzler
À propos de son livre Penser la laïcité, aux Éditions Minerve (2014).

La laïcité est une idée à la fois simple et difficile - ce n’est pas incompatible. C’est paradoxalement sa pauvreté (son minimalisme) qui en fait la puissance. Il ne sert à rien de dire qu’elle est abstraite : son efficacité concrète s’apprécie à la quantité de liberté qu’elle rend possible.
L’auteure confronte la construction philosophique du concept de laïcité sur lequel elle travaille depuis de nombreuses années à des questions pratiques qui ont jalonné l’actualité des deux dernières décennies. Elle aborde ainsi des questions majeures telles que la nature du lien politique, la notion de communauté ou d’identité de la personne, la morale et la perfectibilité humaine...

Catherine Kintzler, née en 1947, est une philosophe française, spécialiste de l’esthétique et de la laïcité. Agrégée de philosophie, docteur d’État en philosophie, elle est professeur émérite1 à l’université Lille III.



9 décembre 2014
Jacques Testart
À propos de son livre Faire des enfants demain, aux Éditions du Seuil (2013).

Trente-cinq ans après le premier "bébé-éprouvette", près de 3 % des enfants sont conçus avec l’aide de la biomédecine dans les pays industrialisés. Qu’en sera-t-il dans les décennies à venir ? S’il ne s’agit, selon la loi actuelle, que d’aider les couples stériles, l’assistance médicale à la procréation a désormais atteint ses buts avec l’optimisation des actes biologiques et médicaux. Mais la technique, sous couvert de médecine de pointe, cherche toujours à agrandir son territoire et à régenter nos vies, même lorsque sa nécessité ne s’impose pas...

Jacques Testart est directeur de recherche honoraire à l’Inserm. Pionnier des méthodes de procréation assistée, il est l’auteur de nombreux ouvrages dans lesquels il défend l’analyse critique de la science afin de justifier l’engagement éthique et de nourrir la démocratie.



27 novembre 2014
Jean-Pierre Mourey
À propos de son livre Relations paradoxales de l’art avec la nature, aux Presses Universitaires de Saint-Étienne (2013).

Expérimenter, entreprendre la mise à jour de nos liens avec la nature, rappeler qu’elle est notre pierre de touche, le fonds constitutif de nos personnes, de nos histoires, tel a été l’enjeu de nombreuses oeuvres.

Jean-Pierre Mourey, parmi d’autres textes consacrés à l’art et à la littérature, est l’auteur en particulier de Borges. Vérité et univers fictionnels, Editions Mardaga, 1988 ; Philosophies et Pratiques du détail, Editions Champ Vallon, 1996.



6 novembre 2014
Christophe Bouton
À propos de son livre Faire l’histoire. De la Révolution française au printemps arabe, aux Éditions du Cerf (2013).

Les hommes font-ils l’histoire ? L’histoire est-elle maîtrisable ? Qui sont les « sujets » qui sont censés la « faire » ? Les grands hommes, l’avant-garde, le peuple, les masses ? Christophe Bouton revient sur les origines de la thèse de la « faisabilité » de l’histoire en reprenant les arguments pro et contra qu’elle a suscités.

Christophe Bouton est professeur de philosophie à l’Université de Bordeaux III. Ses travaux portent en particulier sur les questions du temps et de l’histoire dans la philosophie moderne et contemporaine.



24 avril 2014
Bernard Lahire
À propos de son livre Dans les plis singuliers du social. Individus, institutions, socialisations, aux Éditions La Découverte (2013).

Au moment où l’Homme est plus en plus souvent conçu ou rêvé comme un être isolé, autonome, responsable, opposé à « la société », contre laquelle il défendrait son « authenticité » ou sa « singularité », les sciences sociales ont plus que jamais le devoir de mettre au jour la fabrication sociale des individus. Car le social ne se réduit pas au collectif ou au général, mais gît dans les plis les plus singuliers de chaque individu.

Bernard Lahire est professeur de sociologie à l’École normale supérieure de Lyon. il a publié notamment La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi, Paris, La Découverte, 2004.



16 avril 2014
François Hartog
À propos de son livre Croire en l’histoire, aux Éditions Flammarion (2013).

Le XIXe siècle fut la grande époque de l’Histoire. On y croyait avec une force et une foi sans faille, on s’est mis à la pratiquer méthodiquement avec pour ambition de la hisser au rang de science, le roman s’en est emparé… Véritable théologie des temps modernes, trait d’union entre passé, présent et futur, elle organisait le monde et lui donnait un sens.
Qu’en est-il aujourd’hui, où « faire de l’histoire » ne signifie plus, comme chez Chateaubriand, jouer un rôle politique, être moteur des événements, mais simplement être historien, avoir fait des études et obtenu des diplômes justifiant ce titre ? Peut-on encore croire en l’Histoire ? Poursuivant une réflexion entamée dans ses précédents ouvrages, notamment dans Évidence de l’histoire, dialoguant avec les artistes, les écrivains, les historiens, François Hartog montre comment l’évolution du concept d’histoire est significatif du basculement progressif de notre rapport au temps.

François Hartog est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.



26 mars 2014
Jacques Ion
À propos de son livre S’engager dans une société d’individus, aux Éditions Armand Colin (2012).

S’engager fait toujours sens, peut-être plus encore qu’avant, dans notre « société d’individus ». Les individus sont en effet plus nombreux, notamment parmi les jeunes et surtout les femmes, à s’associer, à se mobiliser, à intervenir dans l’espace public. Mais ils le font selon de nouvelles modalités qui s’écartent notablement des schémas du militantisme d’antan. Plus autonomes par rapport à leurs milieux d’appartenance, plus soucieux de faire entendre leur parole propre, plus réflexifs, délivrés de toute révérence obligée envers les puissants et les experts, ces nouveaux militants déroutent parfois... Le fonctionnement de la vie associative, les pratiques protestataires et la citoyenneté s’en trouvent modifiés.
Appuyé sur des travaux d’enquête et une analyse très fine des engagements politiques et associatifs, cet ouvrage saisit un rapport au politique complexe et diffus.

Jacques Ion, sociologue, directeur de recherches au CNRS, a écrit de nombreux ouvrages sur le militantisme contemporain.



26 février 2014
Barbara Cassin
À propos de son livre La nostalgie. Quand donc est-on chez soi ? Ulysse, Enée, Arendt, aux Éditions Autrement (2013).

Enracinement et déracinement : voilà la nostalgie. Contrairement aux apparences, le mot n’est pas grec : il a été forgé au XVIIe siècle pour nommer le mal dont souffraient les mercenaires suisses. La nostalgie, c’est aussi ce que Barbara Cassin éprouve chaque fois qu’elle revient en Corse, où elle n’a pas ses racines.
Prenant appui tour à tour sur les figures d’Ulysse et d’Enée, puis sur l’expérience d’Hannah Arendt, elle s’interroge, dans le droit fil de ses précédents ouvrages, sur ce que veut dire être chez soi et y revenir, sur l’exil et sur la patrie, sur ce qu’est une langue maternelle et sur l’impossibilité de la réduire à la langue d’un peuple, sur la nécessaire pluralité des langues et sur le paradigme de la traduction.


Barbara Cassin est philologue et philosophe, directrice de recherches au CNRS. Spécialiste de philosophie grecque, en particulier de rhétorique et de sophistique, elle anime deux collections chez Fayard. Elle a publié de nombreux ouvrages, dont Si Parménide (PUL-MSH, 1980), Google-moi, la deuxième mission de l’Amérique (Albin Michel, 2007), Jacques le Sophiste. Lacan, logos et psychanalyse (Epel, 2012). Elle a dirigé le Vocabulaire européen des philosophes : dictionnaire des intraduisibles (Le Seuil, 2004). Barbara Cassin a reçu en 2012 le Grand Prix de l’Académie française pour l’ensemble de son oeuvre.



19 décembre 2013
Yves Cohen
Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales – à propos de son livre Le siècle des chefs. Une histoire transnationale du commandement et de l’autorité (1890-1940), aux Éditions Amsterdam (2013).

Les foules se déclarant « sans leader » qui émergent aujourd’hui en de nombreux points du monde sont en rupture complète avec l’idée qui a dominé le xxe siècle, selon laquelle « les hommes en foule ne sauraient se passer de maître » (Gustave Le Bon, 1895).
Pourquoi « le besoin de chef » a-t-il pris une telle ampleur à partir de la fin du xixe siècle ? Comment la préoccupation pour le commandement a-t-elle circulé d’un domaine à l’autre, de la guerre à la politique et de la politique à l’industrie ? Comment les formes et le langage du commandement sont-ils devenus transnationaux ? Quel rôle ont joué les sciences sociales, en particulier la psychologie et la sociologie, dans l’affirmation du chef ? C’est à ce type de questions que s’intéresse Yves Cohen dans Le Siècle des chefs.

Yves Cohen a notamment écrit Organiser à l’aube du taylorisme. La pratique d’Ernest Mattern chez Peugeot, 1906-1919 (PUFC, 2001).



14 novembre 2013
Jean-Michel Besnier
À propos de son livre L’homme simplifié aux Éditions Fayard (2012).

Jean-Michel Besnier dissèque « l’homme simplifié » que nous consentons à devenir, au gré des conceptions scientifiques et des innovations techniques. Étonnante, cette servitude volontaire appelle une révolte d’un nouveau style, que seule attiserait encore la littérature : celle de l’homme revendiquant sa complexité et son intériorité comme le signe de sa liberté.

Philosophe, Jean-Michel Besnier est professeur à la Sorbonne et à Sciences Po. Il collabore à la revue Hermès ainsi qu’au magazine Sciences et Avenir. Il a publié une douzaine d’essais, dont une Histoire de la philosophie moderne et contemporaine (Grasset, 1993 ; le Livre de poche, 1998) et Demain les posthumains (Fayard, 2010 ; Pluriel, 2012).



17 avril 2013
Yves Citton
A propos de ses deux livres récents : Renverser l’insoutenable (éditions du Seuil) et Gestes d’humanité. Anthropologie sauvage de nos expériences esthétiques (éditions Armand Colin).

Dictature des marchés, inégalités sociales, catastrophes environnementales : à ces pressions insoutenables qui nous assaillent de toutes parts, à cette politique du pire, Yves Citton esquisse une alternative qui prendrait la forme d’une politique du geste.
Nos gestes en effet en savent et en font plus que nous. Situés à l’interface entre nous et les autres, ils font émerger, à travers nous, des processus qui dépassent nos intentions et notre rationalité conscientes.
Visibles pour autrui, ils insèrent leur mouvement dans une dynamique collective. Ils ouvrent des perspectives capables de repousser les limites de la réalité.
Dans une époque marquée par la prolifération incontrôlée des programmations déshumanisantes, ces gestes, et les inflexions qu’ils rendent possibles, préservent les chances de notre humanisation.

Yves Citton est professeur de littérature à l’Université de Grenoble III ; co-directeur de la revue Multitudes, il a notamment publié Mythocratie : storytelling et imaginaire de gauche (Editions Amsterdam, 2010), L’Avenir des humanités. Economie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ? (La Découverte, 2010), Zazirocratie. Très curieuse introduction à la biopolitique et à la critique de la croissance (Editions Amsterdam, 2011).



28 mars 2013
Nicolas Witkowski
A propos de son livre : Science infuse, dictionnaire politique de la science (Éditions Don Quichotte, 2013)

Réchauffement climatique, scandale sanitaire, OGM, catastrophe nucléaire : la science et la technique sont devenues des questions pleinement politiques, tandis que la « technoscience » vient interroger les concepts moraux les mieux ancrés. Pourtant on se résigne souvent à « n’y rien comprendre » laissant par là le champ libre aux lobbies de la technologie et aux pires bluffs scientifiques. Ce dictionnaire vise moins à « faire passer de l’information » qu’à donner des outils pour dégonfler les prétentions excessives de la technoscience, et découvrir derrière le jargon savant des notions et des façons de penser d’une merveilleuse simplicité.De « ADN » à « zéro absolu », tout le domaine de la science et de la technologie se révèle alors non seulement comme digne d’être exploré mais aussi comme un incomparable tremplin pour l’imagination, où l’on peut pénétrer sans crainte.


Nicolas Witkowski, physicien et journaliste, éditeur et écrivain, est l’auteur de nombreux ouvrages visant à une approche désacralisée et ludique des sciences. Entre autres : L’État des sciences et des techniques (La Découverte, 1991) ; (avec Sven Ortoli) La Baignoire d’Archimède. Petite mythologie de la science (Le Seuil, 1996) ; Dictionnaire culturel des sciences (Éditions du Regard, 2001) ; Une histoire sentimentale des sciences (Le Seuil, 2005) ; Petite métaphysique des jouets (La Martinière, 2011).



21 mars 2013
Martine de Gaudemar
A propos de son livre La voix des personnages (Éditions du Cerf, 2011)

Médée est plus qu’une mère infanticide, Don Juan plus qu’un grand seigneur méchant homme, Cléopâtre plus qu’une reine séductrice. Ces personnages donnent une voix particulière à des dispositions universelles (rebelles, séductrices, sacrificielles). En incarnant un monde possible ou désirable, ils nous posent la question : Quel monde voulons-nous ? Ils nous insufflent leur énergie, leur désir de vivre. À nous, comme l’ont fait naguère Mozart ou Shakespeare, d’entendre leur exigence de reconnaissance, de mesurer le poids de tradition qu’ils transmettent, mais aussi les possibilités d’existence qu’ils ouvrent en montrant diverses « formes de vie ». Les personnages vivent dans une aire transitionnelle, entre l’intime et le collectif. Virtualités agissantes qui prennent corps dans les songes, les œuvres d’art, les textes littéraires, au cinéma aujourd’hui, ces « individualités typiques », tissent notre imaginaire partagé ; ils nous offrent un nouveau « cogito » qui réhabilite la vie sensible et affective.


Martine de Gaudemar, ancienne élève de l’École normale supérieure (Paris), est professeure de philosophie à l’université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense ; elle est membre de l’Institut universitaire de France. Elle a publié Leibniz. De la puissance au sujet (Vrin, 2002).



7 février 2013
Martine Chaponnière et Silvia Ricci Lempen
A propos de leur livre Tu vois le genre ? Débats féministes contemporains (Éditions d’En bas, 2012)

De nos jours, se dire féministe et agir en conséquence implique de se positionner entre des tendances contradictoires et de s’attaquer à des problèmes qui peuvent paraître inextricables, parce qu’ils mettent en question la définition même de l’humain. Au-delà des revendications aux résultats tangibles (le droit de vote, le droit d’ouvrir un compte en banque, ou même l’interruption de grossesse), les auteures de ce livre entendent explorer les implications véritables de l’égalité dans un monde plus complexe, à travers en particulier les théories contemporaines de l’égalité, la différence sexuelle, la parité et les quotas, la division sexuelle du travail, le post-féminisme, la violence envers les femmes, le féminisme post-colonial, les sexualités non hétérosexuelles, l’amour …


Martine Chaponnière, docteure en sciences de l’éducation, est chargée de cours à l’Université de Genève. Elle a publié, entre autres, avec Corinne Chaponnière : La Mixité des hommes et des femmes (In folio, 2006).

Silvia Ricci Lempen est journaliste, a publié de nombreux ouvrages sur les questions féministes ; comme romancière, elle est aussi l’auteure de : Un homme tragique (L’Aire, 1991) ; Le sentier des éléphants (L’Aire, 1996) ; Avant (L’Aire, 2000).



25 janvier 2013
André Hirt
À propos de son livre sur l’autoportrait : Ce rien que moi dur et glacial : Hélène Schjerfbeck (Éditions Les Belles Lettres (Encre marine) (2012)

Helène Schjerfbeck (1862-1946) a beaucoup peint, surtout une série d’autoportraits dans lesquels elle a étendu, en sa féminité, sa psychè, en ne cessant de la creuser, de la gratter jusqu’à l’os, jusqu’à la manifestation de ce que l’art est refus de la représentation, plutôt appel obstiné en soi de figures venues de rien. En parcourant la série, on songe inévitablement à la mort et à ses signes, alors qu’on doit voir aussi les couleurs tremblantes et toujours désirantes de la vie, par exemple sur les lèvres rouges. Cette peinture incomparable et radicale fait l’objet, dans ce livre – le premier essai consacré en français à Hélène Schjerfbeck -, d’une expérience du regard et d’une tentative de rencontre avec ce que les autoportraits manifestent d’une subjectivité en question jusqu’à la torture, qui a interpellé le spectateur stupéfait et étrangement concerné. Celui-ci s’engouffre à son tour, avec ses moyens philosophiques, dans la vérité inquiète du portrait réel et impossible.

André HIRT est professeur de philosophie en khâgne, aujourd’hui au lycée Faidherbe à Lille, après plusieurs années au lycée Claude Fauriel à Saint-Etienne.


Traducteur de Walter Benjamin, il a publié de nombreux ouvrages, dont : L’idiot musical : Glenn Gould, contrepoint et existence (Kimé, 2006) ; Un homme littéral : Philippe Lacoue-Labarthe (Kimé, 2009) ; L’Écholalie (Hermann, 2011).



22 mai 2012
André Orléan
Directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), et président de l’Association française d’économie politique, à propos de son livre : L’empire de la valeur. Refonder l’économie (Éditions du Seuil, 2011)

La crise financière a mis en évidence les limites de la théorie économiques, qui n’a su ni prévoir les désordres à venir, ni même mettre en garde contre de possibles instabilités. Signe d’un profond dysfonctionnement, cet aveuglement ne pourra être corrigé que par un renouvellement radical des approches et des concepts – celui de valeur économique en premier lieu.

La tradition économique conçoit la valeur – celle des marchandise ou celle des titres financiers – comme une grandeur objective s’imposant aux acteurs à la manière d’un fait naturel. Or, il n’y a pas de « vraies valeurs ». Dans un monde incertain comme le nôtre, plusieurs prix sont possibles car plusieurs avenirs sont possibles. Aussi, loin d’être neutre, l’évaluation est-elle l’expression d’un point de vue au service d’intérêts ; elle est l’acte par lequel une société décide quelles voies explorer ou rejeter.

La rencontre animée par Michel Bellet, Professeur agrégé de l’Université en sciences économiques à l’Université de St-Étienne, laboratoire UMR CNRS GATE Lyon Saint-Étienne.

André Orléan, principales publications : La Monnaie souveraine (avec Michel Aglietta, Odile Jacob, 1998), Le Pouvoir de la finance (Odile Jacob, 1999), De l’euphorie à la panique : penser la crise financière (Éditions de la Rue d’Ulm, 2009).



22 mars 2012
Étienne Klein
Parlons-nous correctement du Big Bang ? Étienne Klein parlera de son livre Discours sur l’origine de l’univers (Flammarion, 2010).

Étienne Klein est directeur de recherches au CEA. Il dirige actuellement le Laboratoire de Recherches sur les Sciences de la Matière et il travaille aussi avec Gabriel Chardin[1], installé à Saclay. Il a participé à divers grands projets, en particulier la mise au point du procédé de séparation isotopique par laser et l’étude d’un accélérateur à cavités supraconductrices. Au CERN, il a participé à la conception du grand collisionneur de particules européen, le LHC[2].
Il a enseigné pendant plusieurs années la physique quantique et la physique des particules à l’École Centrale Paris, et est actuellement Professeur de philosophie des sciences. Il est spécialiste de la question du temps en physique, et l’auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation.

Modération : Bernard Guy, ENSM-SE



7 février 2012
Olivier Christin
À propos de l’ouvrage qu’il a dirigé, Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines (Métailié, 2010).
Mouvement ouvrier, avant-garde, intelligencija, laïcité, travail ou encore histoire contemporaine font partie de ces mots ou de ces expressions qui semblent aller de soi et dont il n’est pas vraiment utile de connaître l’histoire pour les utiliser à bon escient. Pourtant, il n’en est rien. Ces termes s’exportent mal et chaque fois qu’on le fait dans l’usage courant ou le travail scientifique, ils multiplient les pièges et les faux-semblants : on finit par ne plus savoir de quoi on parle. Sommes-nous toujours bien d’accord sur ce que nous entendons par Occident, humanitaire ou administration et lorsque nous faisons voyager ces mots par-delà les frontières ?


Olivier Christin est spécialiste de l’histoire religieuse du début de l’époque moderne. Ancien membre de l’Institut universitaire de France, il enseigne à l’université de Neuchâtel (Suisse). Il a publié notamment : Une révolution symbolique : l’iconoclasme huguenot et la reconstruction catholique, (Éditions de Minuit, 1991), La Paix de religion : L’autonomisation de la raison politique au XVIe siècle (Le Seuil, 1997), Les yeux pour le croire. Les Dix commandements en images (XVe- XVIIe siècle) (Le Seuil, 2003). Avec Patrick Champagne, Pierre Bourdieu. Mouvement d’une pensée (Bordas, 2004).



8 décembre 2011
Dominique Fougeyrollas-Schwebel, Annik Houel et Annie Léchenet
A propos de leurs contributions à l’ouvrage collectif La dynamique de la violence, sous la direction de Frédéric Chauvaud, Presses Universitaires de Rennes, 2010.

La violence, tantôt présentée comme un invariant qui illustre la part obscure de l’humanité, tantôt comme un phénomène épisodique qui surgit et disparaît soudainement, ne cesse de hanter les sociétés contemporaines et celles du passé. Il ne peut s’agir de tenter une histoire générale de la violence, ni une lecture globale ou panoramique, mais de proposer une réflexion pluridisciplinaire pour tenter d’en cerner les contours, d’en suivre les évolutions, d’en prendre la mesure et surtout d’en cerner les enjeux, tant scientifiques que politiques. C’est la première partie de l’ouvrage, consacrée à la description de la violence, qui sera évoquée. Son objet concerne essentiellement les violences envers les femmes, pour identifier les enjeux de connaissance et de reconnaissance de la définition et de la qualification des actes en termes de violence, bien illustrés par les polémiques visant à minimiser ces violences, ou les procédures narratives présidant à l’instruction d’une affaire dite de « crime passionnel ».


Annik Houel, professeure émérite de psychologie sociale, a participé à l’enquête ENVEFF sur les violences faites aux femmes (La Documentation française, : 2003) et écrit de nombreux ouvrages : Psychosociologie du crime passionnel (PUF 2008) ; Crime passionnel, crime ordinaire (PUF 2003) ; L’adultère au féminin et son roman (Armand Colin, 1999) ; Le roman d’amour et sa lectrice, une si longue passion (L’Harmattan, 1997)

Dominique Fougeyrollas-Schwebel, sociologue, est chargée de recherche au CNRS (Institut de recherche interdisciplinaire en socio-économie, Université Paris-Dauphine) ; elle a publié récemment, avec Elsa Dorlin et Hélène Rouch, Le corps entre sexe et genre (L’Harmattan, 2005)

Annie Léchenet est maîtresse de conférences en philosophie à l’université Lyon1 - IUFM, et l’une des fondatrices du mouvement Solidarité Femmes.

 



10 novembre 2011
Mireille Delmas-Marty
Société de la peur ou communauté de valeurs ? Mireille Delmas-Marty, professeure au Collège de France, à propos de ses livres : Liberté et sûreté dans un monde dangereux et Vers une communauté de valeurs ? (Éditions du Seuil, 2010 et 2011)

Rencontre animée par Eliette Rubi-Cavagna, maître de conférence à la faculté de Droit (Université Jean-Monnet, Saint-Étienne)



15 octobre 2011
Gisèle Sapiro
À propos de son ouvrage La Responsabilité de l’écrivain. Littérature, droit et morale en France (XIXe – XXIe siècle). Éditions du Seuil, mars 2011.

Un écrivain peut-il tout dire et, si non, quelles sont les limites que la société et l’époque lui assignent ? Un écrivain doit-il tout dire et, si oui, les lois de la République des lettres lui font-elles obligation d’enfreindre celles du pouvoir et de la morale ?

Rencontre animée par Jean-Bernard Vray, professeur de littérature contemporaine (Université Jean-Monnet, Saint-Étienne)

Gisèle Sapiro est directrice de recherche au CNRS.



23 mars 2011
Dominique Cardon
Autour de son livre, La démocratie internet, aux Éditions du Seuil

Dominique Cardon est membre associé et chercheur au laboratoire des usages de France Telecom R&D. Ses recherches portent sur les transformations contemporaines de l’espace public en lien avec les infrastructures de médiation offertes par les nouvelles technologies ; au rôle de la critique dans le débat public ; et aux dynamiques d’individualisation et de participation à la production d’expression publique.



2 février 2011
Jocelyn Benoist
Autour de son livre, Concepts, aux Éditions du Cerf

Jocelyn Benoist, né le 4 juillet 1968, est un philosophe français, ancien élève de l’École normale supérieure. Sa spécialité est l’étude de la philosophie du langage et de la connaissance, notamment à travers la confrontation entre la philosophie analytique et la phénoménologie. Ainsi, il a consacré une bonne partie de ses publications à la portée moderne de la première philosophie d’Edmund Husserl et des autres disciples de l’Autrichien Franz Brentano. Il enseigne actuellement la philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est également membre de l’IUF.


14 janvier 2011
Georges Didi-Huberman

Georges Didi-Huberman est philosophe et historien de l’art, maître de conférences à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.
Conférence sur le thème Montage pathétique à propos d’un commentaire de Roland Barthes sur une scène du Cuirassé Potemkine



9 novembre 2010
Henri Atlan

À propos de son livre De la fraude, le monde de l’Onaa, aux Editions du Seuil, La librairie du XXIe siècle, 2010

Henri Atlan est l’un des pionniers des théories de la complexité et de l’auto-organisation du vivant. Spécialiste de biologie moléculaire et philosophe, grand lecteur de Spinoza, il met en regard la science, les textes bibliques, mythologiques, talmudiques, philosophiques… Révélant une réflexion profonde et originale sur la nature complexe des relations entre la science et l’éthique, sa pensée interroge la compatibilité entre la pensée scientifique, tout entière tournée vers les déterminismes, et la compréhension des complexités, source continue d’indéterminismes. Elle aide à mieux comprendre les enjeux des questions de société que soulèvent le clonage, les découvertes récentes sur les prions, ou la biologie du développement.
Henri Atlan est professeur émérite de Biophysique et Directeur du Centre de Recherche en Biologie Humaine de hôpital universitaire Hadassah (Jérusalem, Israël) ; Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il a été membre du Comité consultatif national d’éthique pour les Sciences de la Vie et de la Santé de 1983 à 2000.



1er avril 2010
Christine Fauré

A propos de la nouvelle édition en 2010 de son Encyclopédie politique et historique des Femmes aux Éditions Les Belles Lettres.

Ce n’est qu’au XXe siècle que les femmes ont accédé au droit de vote dans les démocraties. Aujourd’hui encore, dans la plupart des États d’Europe et d’Amérique du Nord, leur place au sein des institutions politiques reste insignifiante. Pourtant, les faits sont là : de la naissance des États modernes jusqu’à nos jours, présence et mobilisation des femmes sont attestées lors des grands événements qui ont marqué l’histoire des sociétés occidentales : Europe, Amérique du Nord, Amérique latine. Il ne s’agit ni de déceler le changement de leur image, ni de faire l’histoire de leur apparence, mais bien d’évaluer des actions conduites dans des situations fondatrices. Situer, décrire, apprécier la participation des femmes dans le mouvement général des transformations politiques, c’est affirmer résolument une volonté de synthèse contre tout éloge des particularismes féminins légitimant absence et inégalité. Anthropologues, historiens, philosophes, politologues et sociologues apportent à cette entreprise les ressources de leurs disciplines.

Christine FAURÉ, sociologue, directrice de recherches au CNRS, membre de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes (2002-2009) a également écrit : Ce que déclarer des droits veut dire : histoires, Paris, P.U.F., 1997, Des Manuscrits de Sieyès, Paris-Genève, Champion-Slatkine, 1999-2007. La prise de parole publique des femmes, Annales historiques de la Révolution française, n° 344, avril-juin, 2006.



13 janvier 2010
Yves Michaud

A propos de son dernier livre Qu’est-ce que le mérite (Éditions François Bourin, 2009).



16 décembre 2009
Michel Bitbol

Comment la physique quantique a-t-elle bouleversé notre vision du monde ?
Rencontre animée par Bernard Guy, enseignant-chercheur à l’Ecole Nationale des Mines de Saint-Etienne.

Michel Bitbol est Directeur de recherche au CNRS au centre de Recherche en Épistémologie Appliquée (CREA) de l’École Polytechnique. Il a reçu une formation en médecine, en physique et en philosophie. Il est notamment l’auteur de : Mécanique quantique : une introduction philosophique (1996) et De l’intérieur du monde : connaissance et relations (2009). Il vient aussi de diriger un ouvrage collectif aux éditions du CNRS Physique quantique et sciences humaines.

Et si la science physique la plus récente sortait de son domaine d’application traditionnel ? Si la physique quantique, développée par Planck, Bohr et Einstein, se confrontait aux sciences dites humaines ? Tel est le projet de Michel Bitbol depuis plusieurs années, et qu’il propose de nous faire partager à travers cette conférence ouverte à tous, tant ses talents pour rendre accessible des domaines réputés difficiles sont grands.
Alors, comment la physique quantique a-t-elle bouleversée notre vision du monde ? Michel Bitbol nous invite à mieux saisir en quoi les mouvements de la science et de la société sont intimement entremêlés : une théorie originale de l’homme pleinement engagé dans son milieu, un tournant dans nos manières de voir le monde.


http://aussitotdit.wordpress.com/
http://www.modys.fr/

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Plus de renseignements :
Christine Berton
Science & Société
Tel : 04-77-42-66-87
berton@emse.fr

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